mediasensor 2019 - les résultats

mediasensor résultats

Les travailleurs du secteur audiovisuel sont très engagés, mais encore toujours sensibles au burn-out.

Résultats de l’enquête mediarte mediasensor 2019 

Cartographie de l'expérience de travail et des risques psychosociaux dans le secteur audiovisuel

Les travailleurs du secteur audiovisuel sont très engagés dans leur profession et expérimentent également du plaisir au travail. Mais, entre autres à cause de la forte pression de travail et de la charge émotionnelle importante, le besoin de récupération reste élevé pour les travailleurs du secteur audiovisuel. Et cela peut mener à un burn-out. Ceci ressort du mediasensor, une enquête concernant l’expérience de travail et le bien-être psychosocial, réalisée par le fonds social du secteur audiovisuel, film et digital, mediarte, par le spécialiste RH et Bien-être Attentia et le Professeur Guy Notelaers, Université de Bergen et Associate researcher de la K.U.Leuven.

Remesurage

Pour la seconde fois - la première fois en 2016 - mediarte a réalisé cette enquête, spécifiquement adaptée au secteur, auprès de sociétés de médias, de stations de radio, de chaînes de télévision, de maisons de production et des entreprises prestataires de services. mediarte est à ce jour le seul fonds sectoriel en Belgique à procéder à un nouveau mesurage via Attentia. Au total, plus de 2 250 questionnaires ont été complétés. Les profils individuels ont également pu participer pour la première fois cette année. Après tout, le secteur travaille de plus en plus sur base de projet avec des freelancers, des indépendants et des intérimaires. D'où l'importance de leur voix afin d’obtenir une meilleure image. 

Jan Vermoesen, directeur mediarte: “Grâce à la participation gratuite à cette enquête, mediarte soutient les entreprises dans leurs obligations légales se rapportant aux aspects psychosociaux. De plus, nous souhaitons développer et stimuler des actions au niveau sectoriel et des entreprises. Les résultats rendent également la sensibilisation et la prévention beaucoup plus efficaces. Je suis très fier du rôle significatif de mediarte dans le secteur. Notre fonctionnement, au sein duquel nous nous investissons fortement sur le Bien-être et les Carrières Durables, est reconnu par les bons résultats obtenus par notre secteur par rapport aux autres secteurs belges.”

Sous pression, mais plaisir au travail

Le secteur audiovisuel belge demeure sous pression, c'était également le cas en 2016. Aujourd'hui, entre autres, en raison de la baisse des revenus publicitaires, de la numérisation et de l'arrivée des services de streaming. Néanmoins, la grande majorité des employés des secteurs de l'audiovisuel, du film et du numérique semblent toujours très attachés à leur travail et affichent une sécurité d'emploi (86%).

Pas moins de 88% des répondants aiment travailler, ce qui traduit une motivation intrinsèque très élevée. Le secteur audiovisuel affiche également des résultats élevés en termes d'engagement (85%). Ce score était de 89,5% lors de l’enquête précédente, ce qui représente une diminution substantielle dans l’analyse. En outre, les qualités managériales du supérieur hiérarchique, avec un total de 84%, sont clairement appréciées.

mediasensor résultats 2019

Risque de burn-out 

En comparaison avec l'enquête précédente, nous constatons une amélioration de plusieurs aspects du travail. Par exemple, le besoin de récupération - une mesure de la fatigue mentale - a légèrement diminué (de 44% en 2016 à 41% en 2019). “C’est une bonne chose pour nous, car mediarte et de nombreuses entreprises participantes ont effectivement commencé à prendre des mesures de prévention concrètes et à sensibiliser le public à ce thème sur base des résultats de l’enquête précédente. Cela pourrait être une explication possible.”, selon Jan Vermoesen, directeur mediarte.

L’enquête nous apprend également que la charge mentale dans le secteur audiovisuel est lourde: 89% des personnes interrogées ont déclaré souffrir de stress mental. Les travailleurs des médias doivent se concentrer et, souvent, doivent constamment rester attentifs et faire attention à beaucoup de choses en même temps. Cela peut en partie déjà expliquer un besoin de récupération élevé. En outre, le manque d'opportunités de carrière (78%), le besoin d'une meilleure rémunération (59%), l'organisation du travail (58%), la participation (55%) et le rythme de travail élevé (47%) sont d'autres points d'attention.

Jan Vermoesen: “Le manque d'opportunités de carrière est relatif. Le secteur compte de nombreuses petites entreprises, souvent avec une structure linéaire. Les travailleurs peuvent y construire une longue carrière, mais sans beaucoup de possibilités de promotion dans leur fonction.”

Pour environ 23% des répondants, le besoin de récupération élevé est aigu. Sans mesures, cela peut, à court terme (6 mois), se traduire par une maladie ou même un burn-out. Il est frappant de constater que le groupe des freelancers, des indépendants et des intérimaires obtient de plus mauvais résultats. Près de 1 sur 2 indique qu'il a un besoin de récupération élevé.

Sylvie De Meyer, consultante en Bien-être chez Attentia: “Les gens dans le secteur audiovisuel sont très motivés et font preuve d'un grand engagement envers leur travail. L'inconvénient est qu'ils ont un besoin de récupération élevé. Parce que les sources de stress spécifiques au secteur - délais difficiles, rythme de travail élevé, pas d’horaire de 9h à 17h - sont difficiles à adapter, les employeurs du secteur audiovisuel peuvent plutôt essayer de renforcer les sources de motivation pour constituer un tampon pour ce besoin de récupération. Cela passe par une plus grande variété des tâches, par un leadership transformationnel, par une plus grande participation, plus d'appréciation et une meilleure vision des opportunités de carrière.”

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Plus favorable que d’autres secteurs

Selon Attentia, les scores globaux du secteur audiovisuel sont légèrement plus favorables que les scores de bien-être du marché du travail belge. Il est notable qu’aucun des aspects du travail examinés n’obtient un score sensiblement moins favorable que celui du groupe de référence du marché du travail belge.

Cela vaut également pour le comportement inapproprié au travail, qui peut être une source de stress. Dans le secteur de l'audiovisuel, 2% des répondants ont indiqué qu'ils étaient dérangés par l'intimidation au travail. Ceci concerne des actes liés aux personnes (commérages, exclusion sociale, insultes, blagues) ou des actes liés au travail (retenir des informations, faire des commentaires répétés sur des erreurs, etc.). Il existe également peu de problèmes dans le secteur concernant les comportements sexuels indésirables au travail. Environ 3% des répondants déclarent avoir fait face à un tel comportement inapproprié. 

“Chaque cas est un de trop. Mais à cause de quelques cas connus dans les médias, le reste du secteur audiovisuel a également une image négative sur ce plan. Bien que ces pourcentages soient inférieurs à la moyenne du marché du travail belge", toujours selon Sylvie De Meyer.

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