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Le directeur Jan Vermoesen : « Ce qui me motive ? Les gens, toujours les gens »

Actualités mediarte
27.05.2026

Chaque mois, nous présentons un·e collègue. Jan Vermoesen, directeur et fondateur de mediarte, ouvre le bal avec un entretien sincère sur ses motivations, le rôle de mediarte et les défis auxquels l’organisation est aujourd’hui confrontée.

Directeur Jan Vermoesen à la parole

Comment mediarte a-t-il vu le jour ?

L’histoire de mediarte remonte déjà à un certain temps. En tant que coordinateur du Fonds social des Arts de la scène, on m’a demandé à l’époque de mettre en place quelque chose de similaire pour le secteur audiovisuel. Il existait clairement un besoin d’une organisation capable de développer des initiatives sectorielles en matière de formation, d’emploi et de soutien, adaptées aux personnes et aux entreprises du monde audiovisuel.

J’ai commencé ce travail il y a maintenant près de 20 ans. Au début, il fallait évidemment chercher la bonne voie : de quoi le secteur a-t-il besoin, où pouvons-nous faire la différence, comment instaurer la confiance auprès des employeur·euses, des travailleur·euses, des freelances, des partenaires sociaux et des décideur·euses politiques ? Petit à petit, mediarte est devenue ce qu’elle est aujourd’hui : un fonds social et une organisation sectorielle qui réfléchit avec le secteur, soutient, relie les acteur·ices et anticipe l’avenir.

Ce qui m’a toujours marqué, c’est que mediarte n’est jamais née d’une approche déconnectée du terrain. Son action s’est construite à partir de besoins concrets : des personnes qui cherchent leur voie dans le secteur, des entreprises qui ont besoin d’accompagnement, des partenaires sociaux qui souhaitent élaborer ensemble des solutions structurelles.

Qu'est-ce qui te motives dans ton travail ?

Les gens. Toujours les gens. Cela peut sembler simple, mais c’est vraiment l’essentiel. Le secteur des médias est souvent envisagé à travers les productions, la technologie, la créativité ou l’impact économique, mais derrière tout cela, il y a des personnes. Des personnes qui travaillent dur, souvent avec beaucoup de passion, parfois sous forte pression, et qui ont besoin de soutien, de reconnaissance et de perspectives.

Ce qui me motive, c’est que mediarte peut jouer un rôle à ce niveau. En aidant les personnes à évoluer dans leur métier, en soutenant les employeur·euses dans une politique du personnel plus solide, en guidant les débutant·es, en attirant l’attention sur le bien-être et la faisabilité du travail. Pour moi, la question centrale reste toujours la même : comment faire en sorte que les talents ne fassent pas seulement leur entrée dans le secteur, mais qu’ils s’y sentent bien et puissent y travailler durablement ?

Nous accordons à cet égard une attention particulière aux groupes qui occupent une position plus vulnérable sur le marché du travail ou qui accèdent plus difficilement à notre secteur. Je pense notamment aux jeunes sans réseau, aux personnes issues de l’immigration, aux personnes en situation de handicap, aux freelances, aux personnes sous statuts temporaires ou précaires, ainsi qu’aux travailleur·euses qui, face aux évolutions technologiques rapides, ont besoin de se former. Pour moi, il est essentiel que mediarte ne travaille pas uniquement pour celles et ceux qui connaissent déjà le chemin, mais contribue précisément à réduire les obstacles pour celles et ceux qui accèdent moins naturellement aux opportunités.

Je suis par exemple très fier du Plan d’action contre les comportements transgressifs. Non pas parce qu’un tel plan constitue une fin en soi, mais parce qu’il montre que le secteur veut prendre ses responsabilités. Le respect, la sécurité et la confiance ne sont pas des éléments secondaires. Ils constituent la base pour bien travailler et pour donner des chances aux personnes. Si mediarte peut contribuer à construire cela, c’est une grande source d’énergie pour moi.

Mon rôle est avant tout de créer des liens entre les personnes.
Jan Vermoesen, Directeur mediarte
Interview Jan Vermoesen

Comment définis-tu la vision et l’orientation de mediarte ?

Je ne le fais jamais seul. La vision de mediarte naît toujours de la concertation. Nous écoutons les employeur·euses, les syndicats, les travailleur·euses, les freelances, les établissements d’enseignement, les décideur·euses politiques et d’autres partenaires. Les fédérations professionnelles jouent à cet égard un rôle important. Elles sont proches des entreprises, connaissent la réalité des différents sous-secteurs et nous aident à identifier clairement les signaux qui remontent du terrain.

Le secteur audiovisuel, cinématographique et numérique est très diversifié. Les besoins d’une société de production ne sont pas toujours les mêmes que ceux d’un diffuseur·euse, d’une entreprise technique, d’un studio d’animation ou d’une agence digitale. C’est précisément pour cette raison que la collaboration avec les fédérations professionnelles est si importante. Elles contribuent à déterminer les priorités, à identifier les compétences manquantes, les évolutions auxquelles les entreprises sont confrontées et les formes de soutien qui sont à la fois réalisables et pertinentes.

Le secteur des médias évolue rapidement. La numérisation, l’IA, les changements dans les habitudes de visionnage, les nouvelles formes de travail, la pression sur les budgets, les questions de bien-être, de diversité et de durabilité : tous ces thèmes ont un impact sur la manière dont les personnes travaillent. Le rôle de mediarte est de capter ces signaux et de les traduire en actions concrètes.

Notre priorité reste très claire : donner aux personnes des chances d’entrer dans le secteur, de se développer, d’évoluer et de se sentir bien dans leur travail.Dans ce cadre, nous voulons aussi mieux identifier les groupes à risque : qui risque d’être laissé·e de côté, qui a moins accès à la formation, qui fait face à davantage d’incertitudes, et où pouvons-nous, en tant que secteur, apporter un soutien ciblé ?

Pour moi, une vision n’est donc pas un document que l’on rédige une fois pour toutes avant de le ranger dans un tiroir. C’est un processus continu d’écoute, de connexion, d’ajustement et d’anticipation. Et ce processus ne peut réussir que si nous le menons ensemble : avec les partenaires sociaux, les fédérations professionnelles, les entreprises, l’enseignement et les personnes sur le terrain.

Quelles sont tes principales responsabilités en tant que directeur ?

Mon rôle consiste surtout à relier les personnes, les organisations et les idées. mediarte se situe au croisement des partenaires sociaux, des fédérations professionnelles, des entreprises, des travailleur·euses, des freelance, de l’enseignement et des pouvoirs publics. En tant que directeur, j’essaie de faire en sorte que ces différentes perspectives se rejoignent dans une stratégie claire et dans des projets qui ont réellement du sens sur le terrain.

Avec les partenaires sociaux, je définis les grandes lignes de notre action. Cela concerne des questions comme : où plaçons-nous les priorités, quels besoins devons-nous traiter en premier, comment veillons-nous à une bonne utilisation de nos moyens et comment évaluons-nous l’impact de nos actions ?

Il m’appartient également de renforcer davantage la collaboration avec les fédérations professionnelles. Elles sont des partenaires indispensables pour faire en sorte que les actions correspondent à la réalité des entreprises. Lorsque nous développons des formations, soutenons des employeurs ou lançons de nouveaux projets autour de l’entrée dans le secteur, du bien-être ou des compétences, ces initiatives doivent être utiles aux entreprises auxquelles elles s’adressent. Cette concertation est essentielle.

Une autre mission importante consiste à veiller à ce que mediarte reste attentive aux personnes qui ont besoin d’un soutien supplémentaire. Nous devons continuer à regarder les groupes moins visibles, celles et ceux qui accèdent plus difficilement à la formation ou qui sont plus vulnérables dans leur parcours professionnel. Un fonds sectoriel a aussi un rôle sociétal : il ne doit pas seulement renforcer ceux qui sont déjà en position de force, mais contribuer à créer des chances équitables et durables pour toutes et tous.

Je suis également responsable du fonctionnement quotidien de l’organisation : soutenir l’équipe, développer les collaborations, suivre les projets, veiller aux budgets et garantir que mediarte continue à fonctionner de manière fiable et professionnelle. Mais au fond, tout revient toujours à la même question : ce que nous faisons fait-il réellement une différence pour les personnes du secteur ?

Team van mediarte

Quels sont actuellement les plus grands défis pour mediarte ?

Nous faisons face aujourd’hui à une réalité difficile. Les subsides diminuent, ce qui met notre fonctionnement sous pression. Cela signifie que nous devons faire des choix et déterminer encore plus clairement où nous pouvons avoir le plus d’impact. Tout ne peut pas être fait en même temps, et ce n’est pas toujours simple, surtout lorsque l’on voit l’ampleur des besoins dans le secteur.

En même temps, un tel contexte nous oblige aussi à rester créatifs. Nous devons chercher de nouvelles collaborations, des manières de travailler plus efficaces et des projets qui peuvent être ancrés durablement. C’est parfois précisément là que se trouve aussi l’énergie pour innover.

Un grand défi est que les besoins du secteur augmentent. Les évolutions technologiques sont rapides, en particulier dans les domaines de l’IA, de la production numérique, des données et des nouveaux flux de travail. Cela signifie que les personnes ont besoin de nouvelles compétences, mais tout le monde n’y a pas accès de la même manière. Les petites entreprises, les freelances, les débutant·es et les personnes en situation plus vulnérable n’ont pas toujours le temps, les moyens ou l’information nécessaires pour suivre des formations.

C’est pourquoi le développement d’une politique de formation plus forte est essentiel. À terme, mediarte souhaite évoluer davantage vers un véritable fonds de formation pour le secteur audiovisuel, cinématographique et numérique. Cela signifie ne pas seulement proposer des formations ponctuelles, mais développer un cadre structurel dans lequel les besoins en compétences sont suivis, les formations sont construites de manière stratégique et les travailleur·euses, les demandeur·euses d’emploi ainsi que les employeurs·euses sont soutenus de façon ciblée.

La collaboration avec les fédérations professionnelles est également essentielle dans ce cadre. Elles peuvent contribuer à identifier les formations prioritaires, les difficultés rencontrées par les entreprises et la manière dont nous pouvons mieux adapter notre offre à la pratique. Un fonds de formation doit être porté par le secteur lui-même. Ce n’est qu’à cette condition que l’on peut développer une offre pertinente, accessible et tournée vers l’avenir.

Le défi est donc double : réaliser un impact plus structurel avec moins de moyens. Cela demande de la concentration, de la collaboration et de la confiance. Mais je suis convaincu que mediarte continuera à jouer un rôle important : comme point de contact, comme facilitateur et comme partenaire qui cherche des solutions avec le secteur.

Comment vois-tu l'avenir de mediarte ?

J’espère surtout que mediarte restera un lieu vers lequel les personnes peuvent se tourner. Une organisation qui écoute, qui relie et qui soutient, mais qui ose aussi nommer ce qui peut être amélioré. Le secteur possède énormément de talent et de créativité, mais il connaît aussi des fragilités. Si nous voulons que les personnes puissent continuer à travailler durablement dans ce secteur, nous devons poursuivre nos investissements dans la formation, le bien-être, l’information claire, des environnements de travail sûrs et des chances équitables.

Pour l’avenir, j’espère que mediarte pourra encore davantage devenir un centre de connaissances et de soutien pour le secteur audiovisuel, cinématographique et numérique. Cela implique aussi, à mes yeux, l’ambition de développer un véritable fonds de formation. Un fonds qui soutient structurellement le développement des compétences, répond aux évolutions technologiques et sociétales, et veille à ce que la formation ne devienne pas un privilège réservé à celles et ceux qui sont déjà en position favorable.

Je voudrais que mediarte reste un levier de développement des talents au sens large. Cela signifie être attentif aux débutant·es, mais aussi aux professionnel·les expérimenté·es qui souhaitent se réorienter. Être attentif aux travailleur·euses sous contrat fixe, mais aussi aux freelances et aux collaborateur·rices temporaires. Être attentif aux entreprises disposant de services RH solides, tout comme aux petites structures qui ont besoin de soutien. Et surtout, être attentif aux groupes à risque qui, sans accompagnement ciblé, ont moins accès aux opportunités.

Nous ne pourrons réaliser cette ambition qu’en étroite collaboration avec les partenaires sociaux, les fédérations professionnelles, les établissements d’enseignement, décideur·euses politiques et les nombreuses organisations actives dans les domaines de l’inclusion, du bien-être et de la formation. mediarte ne doit pas tout faire elle-même, mais elle peut relier, coordonner et veiller à ce que les efforts se renforcent mutuellement.

Si nous parvenons à attirer, développer et retenir les talents, alors nous faisons ce pour quoi mediarte a été créée. Et pour moi, cela reste l’essentiel.