La Coordination d'intimité : Interview avec Philine Janssens et Paloma Garcia Martens

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L’une, Philine Janssens, vient du mouvement et de la chorégraphie. L’autre, Paloma Garcia Martens, connaît bien les plateaux de tournage elle-aussi, pour y avoir officié comme habilleuse. Toutes deux aujourd’hui se sont reconverties dans un métier encore relativement nouveau et donc largement méconnu : coordinatrice d’intimité. Une fonction qui est apparue pour la première fois au générique d’un film belge en 2021 avec Cool Abdoul. A l’époque, c’est Philine Janssens qui ouvre la voie, côté flamand, en assurant la coordination d’intimité sur le tournage de ce film de Jonas Baeckeland. Tout récemment, elle a aussi œuvré sur le tournage de Limonov, The Ballad of Eddie, film réalisé par Kirill Serebrennikov. Elle a depuis été rejointe par Paloma Garcia Martens, l’autre spécialiste belge en la matière, qui a déjà travaillé sur des séries comme Split d’Iris Brey ou des films comme Maria de Jessica Palud. A l’initiative de mediarte, elles se sont réunies pour décrypter leur métier.

Quel est l’historique de ce nouveau métier ?

Paloma Garcia Martens. Officiellement, ça a commencé en 2017, quand la première coordinatrice d’intimité a été engagée sur The Deuce de HBO. C'est une série qui parle du travail du sexe dans les années 70 à New York. Une des comédiennes avait de plus en plus de mal à communiquer ses limites au réalisateur. Donc, pour la deuxième saison, elle a imposé qu’il y ait un intermédiaire. C’est comme ça qu’Alicia Rodis est intervenue. C’est à partir de là qu’on a acté ce poste. Mais on peut remonter aussi à 2008, l'année où Tonia Sina a fait un master sur la chorégraphie des scènes d'intimité. Elle s'est rendu compte qu’en appliquant des techniques utilisées pour les scènes de cascades et de combat, on pouvait créer un cadre plus sécurisant. Mais, en fait, c'est un job qui existe de manière officieuse depuis longtemps. En tant qu’habilleuse par exemple, j'ai parfois dû pallier aux manques de communication ou à l’insécurité, sur les tournages. 

A quel moment du film intervenez-vous ?

P.G.M. C’est très variable. Récemment, j'ai fait de la consultance pour un projet qui va être déposé au CCA. Il s’agit par exemple de donner un regard sur des scènes de sexe simulé particulières pour mieux vendre le projet. Parfois, on intervient au moment de l'écriture du scenario ou au moment du casting. Par exemple, sur le thème délicat de l'inceste, où on va jouer avec des jeunes adultes, on peut aider à faire l’annonce de casting et communiquer le plus clairement possible. Ou, si on m’envoie le scénario, je vais faire un dépouillement prévisionnel en disant : “Vous m'appelez pour telle scène et telle scène, mais je vois qu'il y a aussi telle autre scène où je me pose la question de l'intimité. Qu'en pensez-vous ?” On a une discussion avec le réalisateur pour mettre au point la vision, les besoins, les risques. On fait aussi des entretiens individuels avec les comédiens. On déroule tout pour analyser le consentement verbal et non verbal. Parfois, certains disent “Oui, pas de souci” mais la façon dont ils l’expriment dit le contraire. C'est à nous de sentir là où il faut poser plus de questions. S'il y a une divergence entre des besoins de la mise en scène et les limites des comédiens, on intervient comme intermédiaire pour trouver une solution qui soit au service du récit mais dans le cadre des limites. On fait aussi des protocoles de plateau fermé pour décider qui a accès au plateau ou au retour pour telle séquence. 


Philine Janssens. Quand on arrive sur le plateau, on vérifie que tout le monde est sur la même longueur d’ondes, que le consentement est encore là. Au niveau costume, on voit s’il y a besoin de protection, ce qu'on va porter éventuellement comme sous-vêtements, cacher au regard. Ça peut être une petite culotte ou des caches tétons. Ou, pour les actes de pénétration simulée, ça peut être des culottes qui sont rembourrées, avec du silicone à l’intérieur. On s'occupe de ça pour que tout le monde soit bien à l'aise. On vérifie que tout se passe bien entre chaque prise. Sur le plateau, c'est le travail le plus court, le plus intense. En général, on a une ou deux heures. Le maximum que j’ai eu, pour une scène de sexe simulé, c’était cinq heures. Par avance, on s’est mis d'accord sur les besoins des acteurs à la suite des prises : de quoi est-ce que tu auras besoin pour te sentir bien après ? Tu veux qu'on te laisse tout seul ? Tu veux qu'on fasse des exercices physiques pour quitter le personnage ? Ce sont les pratiques de clôture pour prendre du recul par rapport à ce qui s'est passé. Quoi qu'il arrive, deux jours après, je les appelle. Au niveau mental, ils arrivent à faire la dissociation. Ils considèrent que c’est leur personnage qui a vécu ça, pas eux. Mais au niveau physique, deux jours après, il y a souvent une retombée.

Il est important de comprendre qu’un.e coordinateur.ice d’intimité ne remplace jamais le rôle d’un.e réalisateur.ice. Sur le plateau, mon rôle est d'aider.

Philine Janssens

Qu’est-ce qui vous motive à faire ce métier ?

P.J. J'ai une jeune fille adolescente qui va commencer à regarder ces séries sur lesquelles je travaille. Je voudrais qu'elle se rende compte que le plaisir au féminin, c'est son droit, qu'il y a du sexe queer, toutes sortes de sexualités. Que le sexe, ce n'est pas forcément la pénétration, qu’il y a plein de beauté et de poésie dans ce qu’on appelle les préliminaires mais qui sont la sexualité en soi. Des séries comme Sex Education ont commencé à faire ça, à montrer tous les possibles. Ça me tient à cœur d’ouvrir les portes vers autre chose que les normes qui m’ont été inculquées. Ouvrir sur des questions de protection, de préservatif, des discussions sur le consentement entre les personnages aussi. Jeune, je voyais des James Bond. Dans ces films, pour séduire une femme, il faut quasiment l'agresser. On essaie de l'embrasser et, si elle ne veut pas, on réessaye. Ce n’est pas du consentement. Ça n’est plus sexy aujourd'hui

Influez-vous, parfois, sur la manière dont on filme une scène de sexe ? 

P.J. Ça dépend à quel moment du projet on arrive et avec quel mandat.  Sachant que chaque projet et collaboration est unique, j’ai tendance à faire du sur mesure. Au début, les productions m’appelaient plutôt à la dernière minute. Puis, on a commencé à m’appeler au moment du casting. Maintenant, la consultation peut commencer dès le stade de l’écriture du scénario ou encore du découpage. On m’appelle de plus en plus tôt en préproduction. Dans cette phase-là, on peut encore avoir une influence et inspirer les équipes et le tournage. Au stade des répétitions il est vrai que mes vingt années d’expertise en tant que chorégraphe me permettent d’influez artistiquement sur la manière dont les scènes sont filmées. Une fois sur le plateau, il est souvent trop tard pour remettre en question une chorégraphie ou la manière de filmer, ce travail doit être fait en amont. Il est important de comprendre qu’un.e coordinateur.ice d’intimité ne remplace jamais le rôle d’un.e réalisateur.ice. Sur le plateau, mon rôle est d'aider. Il y a des réalisateurs qui veulent que je sois juste à côté d’eux, à regarder dans le même petit écran, pour me demander de peaufiner le tout entre chaque prise. Genre, la main là, on ne la mettrait pas un peu plus haut ? Et d’autres qui préfèrent que je sois à l’écart. Mon rôle alors, à ce stade-là, c'est l’ange gardien. 

P.G.M. Il faut voir très vite à quel endroit on est juste. Sur une série très classique, on nous voit plutôt comme un filet de sécurité. On va alors proposer des choses, par exemple donner des options sur le son d’un orgasme, et puis après, ils feront leur choix. Mais il y a d'autres séries où on peut intervenir dès l’écriture du scenario pour pointer par exemple une scène d'éjaculation féminine et demander : Comment est-ce qu'on va faire sur le plateau ? Comment les personnages vont la décrire ? Il arrive qu’on nous appelle comme filet de sécurité et puis à la fin, l’équipe s’exclame sur la plus-value qu’on a amenée.

Votre travail est-il toujours bien perçu ?

P.G.M. La vulnérabilité est un gros tabou sur les plateaux de tournage. Certains comédien·nes ont d’abord une réaction de rejet par rapport à notre métier. Comme si le fait qu’on soit là implique qu’ils ont une faiblesse. Or, c'est beaucoup plus complexe. Je ne suis pas là pour prendre soin d'eux, mais plutôt pour qu'ils puissent prendre soin d'eux-mêmes. Je propose un espace dans lequel ils peuvent le faire. Mon rôle est de faciliter la communication, voir là où il y a des besoins. C'est un équilibre permanent pour savoir où on se situe, comment ne pas aliéner l'équipe, comme les 

costumes par exemple. Comment ne pas débouler sur le plateau et dire que vous allez gérer les sous-vêtements d’intimité alors que ces personnes sont déjà dans l'intimité d’une comédienne depuis sept semaines ?

Qui décide de faire appel à vous ?

P.J. La demande peut venir initialement d’un.e réalisateur.ice ou d’un.e comédien.ne ou de leurs agents mais, nous le savons tous, comme c’est la boîte de production qui paie, ce sont eux qui décident. 

P.G.M. Les cas de figures sont très différents. Soit on a des films hyper engagés, qui veulent absolument travailler avec une coordinatrice d’intimité. Soit on a des films où l’équipe se dit : “Ouille, on a une grosse scène d'agression sexuelle, ça ne va pas le faire qu’on sache qu’on n’a pas pris quelqu’un.” Ils craignent pour leur réputation. On a aussi des films internationaux où c'est juste la norme : ce n'est plus acceptable de ne pas avoir une coordination d’intimité. J’entends souvent : “ On a une très jeune comédienne, donc il faut quelqu'un.” Il y a cette idée que les jeunes femmes seront les plus vulnérables. Or, les jeunes hommes, les hommes âgés, les femmes plus âgées, tout le monde est vulnérable parce qu'on ne connaît pas la vie des gens. On ne sait pas quel trauma ils ont pu vivre. On ne connaît pas leur expérience sexuelle. Il y en a qui ont zéro expérience sexuelle. Quand on leur demande d'improviser, c'est extrêmement gênant et même effrayant pour eux. Dans les scènes d'agression, on va beaucoup s'inquiéter de la personne qui joue la victime alors qu'en fait, la personne qui joue l'agresseur ou l'agresseuse a besoin d'autant de soutien, voire plus parfois. Il y a tout un travail à faire pour prendre en compte les besoins de tout le monde, même de l’équipe. On sait que 48 % des Belges ont déjà vécu une agression sexuelle dans leur vie, tous genres confondus. Il y aura forcément quelqu'un dans l'équipe qui aura vécu quelque chose qui se rapproche de la situation. Donc, comment créer un cadre pour vraiment signifier de manière claire qu'on est au travail et qu'il y a un début et une fin, que ça se clôture ?

Nous faisons en sorte d’atténuer les risques de réactivation traumatique dans le travail, que les gens puissent travailler le plus sereinement possible, mais pas forcément le plus confortablement possible. Parce que le confort n'existe pas dans le cinéma.

Paloma Garcia Martens

Pourriez-vous évoquer un cas concret pour illustrer votre métier ?

P.G.M. Un jour, on m'appelle pour une série où il y a une scène d'agression sexuelle simulée avec des comédiens très jeunes. Au moment des entretiens, je réalise que l’un des deux partenaires de jeu n'est pas au courant qu’on est censé faire un certain acte sexuel. Je sens une résistance. La personne réfléchit et me dit que ça va aller. Mais c'est parfois difficile pour les personnes jeunes de poser leurs limites. Or, la veille du tournage, je reçois un message d'un des partenaires de jeu qui me dit qu’il ne le sent pas du tout de faire cette scène, dans cette position. Je préviens l'assistant à la mise en scène en lui disant que j'ai des plans B en tête, des options qui peuvent être transmises au réalisateur. Ce qui était difficile pour un des deux partenaires, c'était de simuler l'acte. Je suggère alors qu’on n’est pas obligé de tout voir, qu’on peut très bien se focaliser sur des réactions, des visages, une ceinture qui s'enlève et le son de cette ceinture. Cette séquence servait à ce que l’un des deux personnages tue l'autre. Donc il fallait que ce soit assez sévère mais on n'est pas obligé d'aller dans quelque chose de graphique pour ressentir cela. Finalement je parle avec cette personne en doute des différentes options et je demande une heure de répétition en plus. Sur le plateau, on a passé du temps à faire des exercices de toucher, de limites, de chorégraphie. La personne qui avait eu un changement de son consentement, avait en fait été elle-même victime d'agression. J'ai donc fait en sorte que cette personne soit en contrôle de tous les mouvements pendant la scène. Tout le langage aussi avait été planifié. On ne disait pas “la scène de viol” par exemple, on parlait de la scène dans tel décor. Chaque terme était vraiment précis. On a fait aussi pas mal de pratiques de clôture. Finalement, ça s'est très bien passé et la personne était tellement fière d'avoir réussi à faire ça. A aucun moment, je ne l’ai convaincu de faire quelque chose. Ce n'est pas non plus mon rôle de dire à quelqu'un qui a vécu une agression : Ça, tu ne peux pas faire parce que ça va te traumatiser. C'est plutôt montrer qu’il y a plusieurs options. Je suis là pour mettre un cadre là où il faut. Je m’assure que le consentement soit respecté. Si c'est stop, c'est stop. Si c'est juste un plan de ta tête et après on s'arrange avec des doublures, c'est comme ça. Le poids de donner une réponse négative n'est plus sur la personne mais sur moi. 

Au-delà des acteurs, qui bénéficient de votre action ?

P.G.M. Prendre en compte le traumatisme, c'est le prendre en compte de manière globale. Donc pas seulement les personnes à l'image mais aussi les gens qui sont derrière la caméra. J'ai déjà vu sur des plateaux une équipe qui souffre le plus parce qu'ils n'ont pas été mis au courant de ce qui se passait. Un des services que je propose, c'est de faire un dépouillement des scènes potentiellement réactivantes de traumatisme pour les communiquer à l'équipe. Par exemple, des scènes d’IVG, de fausses couches, ou de tentative de suicide, qui peuvent toucher beaucoup de gens. Les gens peuvent alors prendre leurs dispositions. Certains viennent ensuite me dire discrètement merci. Le souci dans notre métier, c’est que les productions craignent parfois que poser des questions ne crée des problèmes là où il n'y en a pas. Or, ce n’est pas nous qui mettons les barrières. On met la lumière sur des barrières qui existent déjà. Si on les voit à l’avance, on peut se préparer. Sinon, elles vont ressortir au pire moment, par exemple avec une crise au maquillage ou un comédien qui s’est saoulé la veille. 

Quand on pense intimité, on pense scènes de sexe, mais ce n'est pas que ça ?

P.J. Les boîtes de prod vont souvent nous appeler pour des scènes de nudité, de sexe simulé, de baignade, de câlins, de striptease. Mais, souvent, dans le cadre d'une série ou d’un film où il y a une forme de nudité, on réalise que d'autres choses montent à la surface. Par exemple, sur une scène de sexe simulé, on peut avoir, 40 minutes plus tard, dans le même film, une scène d’IVG, ce qui n’avait pas du tout été pris en compte. 

P.G.M. Parfois, il peut s’agir de questions racistes. Imaginons qu'un personnage noir reçoive une insulte négrophobe. Même si la personne joue, elle reçoit malgré tout cette insulte. C'est hyper violent. Pour certaines personnes, ce n'est pas grave, elles ont leur propre façon de gérer. Mais d'autres ont besoin d'un peu plus de soutien, peut-être plus de pratiques de clôture par rapport à ça. Nous faisons en sorte d’atténuer les risques de réactivation traumatique dans le travail, que les gens puissent travailler le plus sereinement possible, mais pas forcément le plus confortablement possible. Parce que le confort n'existe pas dans le cinéma. Jouer n'est pas confortable. On n’est pas là pour le confort ou pour faire des papouilles et des massages aux comédiens. On est là pour atténuer les risques, pour qu'ils puissent donner le meilleur d'eux-mêmes. Et qu’ils ne passent pas de l'inconfort à la blessure. 

 

Vous arrive-t-il de refuser des projets ?

P.J. Je n'ai pas encore rencontré des projets que j’aurais refusé à cause du contenu, misogyne par exemple, mais je comprends qu’on puisse le faire. Récemment, j’ai été sollicitée pour une histoire d’inceste avec un acteur mineur. Et j’avoue avoir été soulagée que ça se fasse avec un autre coordinateur d’intimité, aux Pays-Bas. Ayant des enfants du même âge et pour tout un tas d’autres raisons, c’est la première fois que j’avais un doute, tout en sachant qu’il fallait que quelqu'un le fasse. Le plus difficile dans notre métier, c'est la charge mentale. Au début, au fil des discussions en confiance avec les acteurs, ça a été dur de voir à quel point les gens sont traumatisés et combien ont subi des agressions. Il y en a très peu qui disent : “Moi, tout va bien, il ne m’est jamais rien arrivé.”

P.G.M. J'ai dû refuser des projets parce qu’ils traitaient de sujets extrêmement lourds, avec des personnes dans des situations de grande vulnérabilité, avec une légèreté que je trouvais inconsidérée. Je ne me sentais pas en mesure de protéger des gens qui sont mis dans une situation trop casse-gueule. 

P.J. J’ai beaucoup plus de mal à dire non. Même si le scénario, c'est pas ça, même si l'histoire est outrageante, je me dis que je peux quand même être là pour soutenir les comédien.nes, les équipes techniques et les réalisateur.ices. A mes yeux, il y a toujours quelque chose à faire pour qu’un tournage se passe le mieux possible. 

Comment expliquer que ce soient surtout des femmes qui exercent ce métier ? 

P.G.M. Parce que tout ce qui est lié aux soins est, dans l'imaginaire collectif, quelque chose de féminin. Toutes les questions de sexualité sont souvent portées par des personnes sexisées. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'hommes cisgenres qui le font.

Est-ce que vous diriez qu'il y a encore beaucoup de violence sur les tournages ? 

P.J. De toute ma carrière, je n’ai connu qu’un seul cas de vraie violence qui était due à un seul individu terrorisant toute une équipe. Je ne pense pas qu’il y ait forcément plus de violence sur les tournages que dans d’autres professions mais il y a effectivement beaucoup de rapport de force. Ajoutons à cela des journées de 10-12 heures de travail, une grande proximité physique, et des scènes émotionnellement épuisantes. Le risque est réel que cela puisse aller très vite très loin. De quoi rester aux aguets. 

P.G.M. Il y a énormément de rapports de domination qui parfois aboutissent à de la violence extrême. Mais il y a surtout beaucoup de petites violences. C'est un climat qui n'est pas serein, qui peut vriller très facilement. Il y a encore du travail. La plupart des gens ne sont pas malveillants mais le système fonctionne sur cette domination permanente. Il faut beaucoup de volonté pour s'en détacher et travailler autrement. C'est un miroir de la société. 

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