L’égalité femmes/hommes dans le secteur audiovisuel européen au-delà de 2020

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En mai 2016, au Festival de Cannes, le Swedish Film Institute donnait le coup d’envoi à la campagne “50/50 en 2020”.

Quatre ans plus tard, le 11 décembre 2020, s’est tenue la rencontre en ligne "Où en est-on & quelles sont les perspectives ?" dédiée à l’égalité femmes/hommes dans le secteur audiovisuel européen au-delà de 2020. Cette rencontre était organisée par European Women’s Audiovisual Network (EWA) et EURO-MEI (UNI Europa - Media, Entertainment & Arts), en collaboration avec l’EFAD (European Film Agency Directors Association) et Cineuropa.

Il s’agissait de faire le point sur la question de l'égalité des genres sur le terrain, à travers des témoignages de professionnels de l'audiovisuel, et de discuter des futurs engagements et des stratégies avec les décideurs politiques de l'UE et les principales parties prenantes du secteur.

Plusieurs oratrices et orateurs se sont succédé. Entre autres, la Ministre de la Culture du Portugal, Madame Graça Fonseca qui a confirmé que le renforcement du rôle des femmes dans l’industrie de l’audiovisuel figurerait à l’agenda de la présidence portugaise du Conseil de l’UE au premier semestre 2021. Au programme, des visions de films réalisés par des femmes portugaises seront notamment proposées, en partenariat avec Cinematek à Bruxelles.

Deux panels se sont ensuite succédé sur le thème de l’égalité en dehors et sur l’écran dans le secteur audiovisuel européen, “Equality on and off screen in the European audiovisual sector : the state-of-play” suivi d’une seconde partie ”What action plan for 2021 onwards”. Le premier panel a été animé par Tamara Tatishvili, responsable stratégie et partenariats du réseau EWA et le second a été présenté par Daphne Tepper, directrice d’EURO-MEI.

Parmi les intervenants, notons l’intervention de la directrice photo Sevdije Kastrati. Celle-ci a évoqué ses débuts en tant que DoP et a décrit les efforts qu’elle déploie pour trouver des femmes prêtes à rejoindre son équipe dans un pays (le Kosovo), où les équipes de tournage sont encore majoritairement masculines.

Pour sa part, Geoffroy Grison, scénariste et consultant script français a souligné que les chiffres semblent déprimants par leur tendance à rester stables depuis quelques années, en notant que dans le secteur du cinéma le processus prend beaucoup de temps, mais que le travail d’aujourd’hui montrera peut-être pleinement ses effets avec la prochaine génération. Le producteur allemand Jonas Dornbach a lui évoqué son sentiment de «vivre dans une bulle» car environ 80% de ses productions sont dirigées par des femmes. Il a également plaidé pour un financement égal et un salaire égal pour les 5 prochaines années.

Le second panel était dédié au plan d’action à partir de 2021.

Anna Serner, CEO du Swedish Film Institute et présidente de l’EFAD Gender & Inclusion Working Group s’est exprimée. Selon elle, la stratégie future devrait être celle “d’arrêter de parler et de commencer à agir”. En particulier, elle a noté les réactions positives au niveau institutionnel. Eurimages, par exemple, malgré le fait que ce Fonds culturel compte de nombreux membres du Conseil de l'Europe pour qui, de prime abord, le travail sur l'égalité des genres ne constitue pas une priorité, a démontré un engagement clair en faveur de la cause. Roberto Olla, directeur d’Eurimages a reconnu n’avoir atteint que 37-38% et non pas les 50/50 prévus. Ce chiffre doit être nuancé par le fait qu’en 2012, 7% seulement du soutien total d’Eurimages étaient alloués à des films réalisés par des femmes. Karim Ibourki, administrateur du CSA belge et vice-président de l’ERGA, a évoqué l’étude récente du CSA sur l’égalité de genre et insisté sur l’importance de partage des bonnes pratiques à un niveau européen.

La directrice générale de la FERA, Pauline Durand-Vialle, s'est penchée sur la question de l'écart de rémunération. De manière générale, elle a noté qu’en début de carrière pour les travailleurs (hommes et les femmes) à faible salaire, les différences sont faibles. L’écart se creuse au fur et à mesure de l’évolution de la carrière, d’abord en restant au même niveau, puis en se creusant à nouveau par la suite.

Sarah Brunet a conclu la conférence. Chargée de mission à la direction générale des réseaux de communication, du contenu et de la technologie de la Commission européenne, elle a décrit plusieurs initiatives institutionnelles mises en œuvre pour poursuivre l'agenda de l'égalité des genres et lutter contre la discrimination. Notamment, le prochain programme médias inclura des incitants à la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes, l'obligation de respecter les valeurs européennes, la mise en valeur des talents dans leur diversité et davantage d'initiatives sur le plan de la formation et du mentorat.

Plus d’information et pour revoir la conférence du 11 décembre


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